St#5 : Aurélie de Boissieu & Catherine Deshayes

Vendredi 13 Novembre 2015  – 09h30

thème C : SYSTEMES ET REGISTRES DE REPRESENTATION
(coord. François Guéna – MAP-maacc)

Mutations du projet

L’essor du numérique engendre des mutations dans les pratiques individuelles et collectives du projet au sens large, il s’insinue dans toutes les phases du projet malgré la spécialisation et fragmentation de ces processus qui demandent des compétences différentes. Il entraîne la multiplication des possibilités et des usages et introduit des mutations importantes tant dans la manière de concevoir que dans la représentation même du projet. Il impacte également la manière de penser le processus, du début jusqu’à sa réalisation. Il ne s’agit plus d’utiliser le numérique pour représenter ou présenter différemment le projet, mais bien d’entamer une autre démarche de projet afin de repositionner le « projet numérique » dans un contexte de mutation globale de la pratique de comprendre les modifications. Le numérique n’est pas (ou plus) seulement un outil supplémentaire, mais introduit un changement dans le milieu même de la conception, et ses effets sont tout autant matériels qu’immatériels.

Le colloque « Mutations du projet, Milieux et culture » qui a eu lieu les 28 et 29 mai au CNAM fait suite au questionnement sur le sens et/ou l’essence du projet dans le séminaire Projet-progettazione qui s’était déroulé à l’INHA, entre 2012 et 2013, dans le cadre d’un programme de recherche du LabEx CAP intitulé Lexiques du projet[1].

[1] Le Labex Création, Arts, Patrimoines est dirigé par Paris I ; le programme de recherche Lexiques du projet, coordonné par A. Tufano, a impliqué des chercheurs de Paris I, du Cnam, de l’Ehess ainsi que des conférenciers invités de l’Ensaplv, l’Ensci et Paris VII.

Catherine Deshayes, psychologue et chercheure depuis 1993 au sein de différents laboratoires de recherche dans des écoles d’architecture est actuellement au MAP-Maacc CNRS-MCC UMR 3495 de l’ENSAPLV. Responsable scientifique côté français d’un projet Tournesol (2003 et 2004) sur la « conception architecturale et multimodalité», initiatrice, responsable et co-organisatrice des 1ères Journées du Séminaire de Conception Architecturale Numérique en 2005 (SCAN) sur «le rôle de l’esquisse dans le monde numérique » co-organisé par les membres fondateurs de l’ARCAN (Association de Recherche sur la Conception Architecturale Numérique) dont elle est l’initiatrice et la présidente.

Ses travaux portent sur la complexité représentationnelle de la conception architecturale et se concentrent sur l’aspect communicationnel et les inter-relations existants entre l’architecte et ses représentations. L’observation de cette architecture en train de se faire, en phase primaire de conception, permet d’interroger le rôle de médium joué par le support (dessin à main levée, dessin à l’aide d’outil instrumenté comme un logiciel, maquette), les objets intermédiaires de la conception, la co-conception et co-construction et le rôle des modalités (gestes, paroles, etc.) ainsi que les aspects dialogiques de cette conception architecturale. La notion de fragment, comme traces matérielles physiquement perceptives et mémorielles est actuellement une piste qu’elle privilégie pour un accès à cette complexité. Ses recherches s’appuient sur les modèles qui tentent ou cherchent à en rendre compte tels les travaux menés dans le domaine des « design studies » ou de l’idéation. Les représentations graphiques en tant que forme de pensée convoquent aussi la psychologie et les recherches sur l’imagerie élaborées par les sciences cognitives.

Aurélie de Boissieu est architecte DE et docteur en architecture. Elle a soutenu sa thèse en 2013 au sein du laboratoire maacc-MAP sur la modélisation paramétrique en conception architecturale. Elle est aujourd’hui Maitre Assistant Associée à l’ENSA PLV et chargée de R&D sur le BIM et les technologies numériques chez setec bâtiment.

Bibliographie des intervenantes

Aurélie de Boissieu, Catherine Deshayes, Antonella Tufano (sous la direction de), Mutations du projet. Milieux et cultures numériques. PUN – Editions universitaires de Lorraine, 2015, 186 p.

– Catherine Deshayes, « Transformations croisées du projet et du numérique », in A. Tufano (sous la direction de), Faire des projets, fabriquer des projets. La démarche comme outil de recherche : arts, architecture, design, PUN-Editions universitaires de Lorraine, 2015, pp. 133-137.

– Catherine Deshayes, « L’esquisse : (re)contextualisation du fragment par un observateur averti », in K. Zreik, D. Estevez (sous la direction de), Conception et réutilisation, Europia Productions, 2014, pp.81-93.

– Catherine Deshayes : « De l’objet virtuel à l’objet visionnaire. Une conception collaborative en creux», in P. Leclercq (éditeur responsable du consortium ARC Common : Action de recherche concertée sur Collaboration Multi-Modale Outillée Naturelle), Common’14. Communication multimodale et collaboration instrumentée, Atelier des Presses, Université de Liège, Belgique, 2014, pp.151-161.

Pour se préparer à l’écoute

Les résumés, sommaires et détails des deux derniers ouvrages avec des publications d’Aurélie de Boissieu, Catherine Deshayes et Antonella Tufano sont disponibles sur le site des PUN – Editions universitaires de Lorraine :

– Mutations du projet. Milieux et cultures numériques, 2015 :
http://www.lcdpu.fr/livre/?GCOI=27000100386100&fa=description

– Faire des projets, fabriquer des projets. La démarche comme outil de recherche : arts, architecture, design, 2015 :
http://www.lcdpu.fr/livre/?GCOI=27000100269360&fa=details

 

 

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