St 7: Alessia de Biase & Philippe Nys

23 novembre 2012

Thème : Temps et temporalités des territoires et des projets

Traces, lacunes, fragments

Philippe Nys proposera l’hypothèse (ou la thèse) suivante : un pittoresque élargi, protéiforme, serait/est opératoire à l’échelle de la planète, « adhérant » en quelque sorte à des mouvements et sphères spécifiques des savoirs et des technologies. Le caractère visuel et plastique du pittoresque, les enjeux historiques et politiques qu’il incarne, ses performances cachées ou spectaculaires, savantes ou populaires, ses effets sur la construction des territoires impliquent de multiples médiatisations, à différentes échelles, approches, champs disciplinaires. Quel est, par exemple, le devenir de la trilogie, devenue classique, « beau pittoresque sublime » au regard du destin de l’art et des arts au XXème? Quelles sont les modalités de mise en œuvre d’un pittoresque contemporain au regard du devenir des villes, de la disqualification/requalification des friches et zones industrielles, de la colonisation de nouveaux espaces ? Qu’en est-il du traitement ou de l’abandon des suburbs, des nouveaux territoires de conquête et de marchés créés par les entreprises et les poussées démographiques ? Alessia de Biase partagera ensuite ce qu’elle définit  « approche archéologique » et ce que cela implique dans une logique d’appréhension territoriale. Ou comment le détail éveille la grande échelle, comment de toutes petites choses peuvent avoir la puissance de mettre en relation passé et futur en nous amenant à expérimenter une autre manière de penser les temps. Le détail, peut-il « éveiller » et mettre à jour une narration territoriale capable d’articuler continuellement le grand et le petit et nous aider à recomposer empiriquement le monde ? Pour ce faire elle présentera le début, les premiers fragments, d’une recherche sur Paris Futurs

Alessia de Biase, sa biographie et ses publications recentes sont déjà en ligne

Philippe Nys, est philosophe et directeur de programme au Collège international de philosophie (CIPh, Paris) de 1992 à 1998. Maître de conférences à l’Université de Paris8 (UFR Arts, dpt d’arts plastiques) depuis 2002, il intervient régulièrement dans les écoles d’architecture en France et à l’étranger, ainsi qu’à l’Ensp (Versailles). Membre de l’équipe de recherche AMP de l’Ecole d’architecture de Paris La Villette, il a été professeur invité au Japon, à l’Université Todai (Kyôto, 2000) et à Meiji University (Tôkyô, 2001) dans des départements de théorie de l’architecture, des jardins et du paysage. Plusieurs articles ont été publiés et  un ouvrage collectif (uniquement en japonais), Herméneutique du milieu, dirigé par Taji Takahiro, publié en 2003, à Kyôto. En co-direction, il a publié plusieurs ouvrages collectifs et s’est attaché à la réédition en français du texte de Joachim Ritter, Paysage, fonction de l’esthétique dans la société moderne, Editions de l’Imprimeur (1997), ainsi qu’un ouvrage personnel, Le Jardin exploré, Editions de l’Imprimeur (1999). Ses recherches développent une herméneutique des arts du lieu (« in visu – in situ – in actu ») d’un point de vue philosophique, esthétique et poïétique.

Quelques références récentes de Philippe Nys:

– « Pittoresque et postmodernité », dans Le Pittoresque. Métamorphoses d’une quête dans l’Europe moderne et contemporaine, études réunies par J.P. Lethuillier et O. Parsis-Barubé, Classiques Garnier, Coll. Rencontres  33, 2012, pp. 517-532
–  « Introduction aux approches multidisciplinaires des paysages », dans De l’enseignement du paysage en architecture, sous la direction de Arnauld Laffage & Yann Nussaume, Editions de La Villette, 2009 version papier abrégée, et version complète disponible sur web
–   « Le pittoresque à l’ère de sa reproductibilité technique » dans Paesaggi culturali, Rappresentazioni Esperienze, Prospettiva, a cura Rossella Salerno et C. Casonato, Gangemi Editore, Roma, 2008, version papier (en français), et disponible sur web
–   « Les métiers du paysage », dans Conversations paysagères 2004, Les Presses agronomiques de Gembloux, 2006, disponible sur web

Suggestions bibliographiques pour la séance « Les incontournables » selon les auteurs

  • Hans Blumenberg, La lisibilité du monde (1981), Les Editions du Cerf, 2007
  • David Leatherbarrow avec Mohsen Mostafavi, On Weathering, The Life of Buildings in Time, The MIT  Press, 1993
  • Nikolaus Pevsner, Visual Planning and the Picturesque, édité par Mathew Aitchison, Paul Getty Research Institute, 2010
  • Colin Rowe et Fred Kotter, Collage City (1978), traduit de l’américain par Kenneth Hylton, Infolio, 2002
  • Lynne Sharon Schwartz et alii, L’archéologue de la mémoire. Conversations avec W.G. Sebald (2007),  Actes Sud, 2009
  • Clemens Steenbergen et Wouter Reh, Architecture and Landscape. The Design Experiment of the Great
  • European Gardens and Landscapes, Birkhäuser, 2003 (1996), 2ème édition revue et élargie
  • Arasse D., (1996), Le détail. Pour une histoire rapprochée de la peinture, Paris : Flammarion.
  • Augé, M., (2003), Le temps en ruines, Paris : Galilée
  • Bloch, E., (1978), Héritage de ce temps (1935), Paris : Payot.
  • Didi-Huberman, G., (2010), L’OEil de l’histoire – t. 2, Remontages du temps subi, Paris : Minuit.
  • Didi-Huberman, G., (2011), L’OEil de l’histoire –t. 3, Atlas ou le gai savoir inquiet, Paris : Minuit.
  • Foucault, M., (1966), Les mots et les choses, Paris : Gallimard.
  • Foucault, M., (1969), L’archéologie du savoir, Paris : Gallimard.
  • Olivier, L., (2008), Le sombre abîme du temps. Mémoire et archéologie. Paris : Seuil.

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Pour se préparer à l’écoute 2 textes récentes de deux auteurs à télécharger

Philippe Nys, « Emscherpark, matrice d’un néo-pittoresque contemporain », 2009

Alessia de Biase, « Replacer le regard, créer des écarts », in Cristiane Rose Duarte et Roselyne de Villanova (eds), (2011) Nouveaux regards sur l’habiter Outils et méthodes, de l’architecture aux sciences sociales, Paris : Le manuscrit

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Un commentaire

  1. AlexisMuller

    Je me permet de proposer ici une référence bibliographique d’un livre que je lis actuellement et qui reprend des thèmes abordés au cours des deux derniers vendredis: l’errance le jardin, le paysage…
    L’art de Marcher, de Rebecca Solnit, Ed. ACTES SUD, 2002.

    Le sujet principal est la marche philosophique. L’auteur la développe cependant dans plein de directions.
    La troisième partie concerne « La vie des rues » qui semble (je n’y suis pas encore arrivé) aborder la flânerie, Baudelaire, Benjamin, Breton….
    La deuxième partie aborde le développement de la marche comme fait culturel, l’admiration du paysage (illustré par un extrait de Wordsworth qui aurait réinventé la marche comme fait culturel et expérience esthétique), les jardins à l’anglaise, l’invention du tourisme rural…
    La première partie fait quant à elle référence à l’acquisition de la bipédie chez Homo Sapiens, à la philosophie (Thoreau, Rousseau, Kierkegaard), à la naissance de la dimension culturelle de la marche après son rôle limité au déplacement (dans une Angleterre dangereuse, où il valait mieux se déplacer à cheval et armé), à la notion de pèlerinage, à la symbolique du chemin de croix, du labyrinthe, du voyage, du jardin, à la mnémonique…

    Il s’agit là d’un livre qui se lit très facilement, je vous le conseille fortement.

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